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ABORDER LA MORT EN MEDIATION

novembre 8th, 2022 | Posted by Julien in Actualités - (Commentaires fermés sur ABORDER LA MORT EN MEDIATION)

TRAVAILLER AVEC LES PERSONNES EN DEUIL

DATES : Jeudi 26 et vendredi 27 janvier 2023

PUBLIC : Médiateurs familiaux et médiateurs généralistes.

LIEU : Puyricard, Pays d’Aix-en-Provence

Parfois la mort d’un proche rend particulièrement difficile l’intervention d’un tiers, soit parce qu’un malaise s’installe à l’évocation du décès, soit parce que l’endeuillé traverse une étape qui ne lui permet pas de réfléchir ou de s’ouvrir aux autres. Dans ces cas-là, le tiers professionnel peut agir de manière à ce que son intervention participe au processus de deuil.
Selon l’étape dans laquelle la personne se situe, les rencontres peuvent l’aider à extérioriser ses
affects, à parler de la personne décédée ou à se construire dans la durée une nouvelle identité plus autonome, tout en permettant un apaisement des tensions relationnelles.
Une telle formation réclame de la part du médiateur un désir d’approfondir la question de la mort et une disponibilité à aborder le sujet.

INTERVENANTE : Claire Bonnelle, médiatrice familiale depuis 2005, formatrice et intervenante en analyse des pratiques professionnelles, responsable du centre de formation Minerve-médiation, auteure de La dynamique du conflit, au cœur de la pratique d’une médiatrice familiale et La médiation d’Adèle, parus chez Érès en 2016 et 2019, formée à la question du deuil par Agnès Picq.

FORMATIONS 2023

novembre 7th, 2022 | Posted by Julien in Actualités - (Commentaires fermés sur FORMATIONS 2023)

Programme des formations 2023, vous pouvez consulter le catalogue et télécharger la fiche d’inscriptions. Cliquez deux fois sur les images pour les agrandir.

MEDIATION FAMILIALE ET VIOLENCES CONJUGALES / RAPPEL

octobre 5th, 2022 | Posted by Julien in Actualités - (Commentaires fermés sur MEDIATION FAMILIALE ET VIOLENCES CONJUGALES / RAPPEL)

Animée par Muriel GEOFFRAY et Catherine HAYE, médiatrices familiales DE, intervenantes dans un Lieu « Écoute Violence » et formatrices, cette formation se déroulera les 7, 8 et 9 décembre 2022 à Puyricard, pays d’Aix en Provence.

UNE FORMATION TRES APPRECIEE

septembre 29th, 2022 | Posted by Julien in Actualités - (Commentaires fermés sur UNE FORMATION TRES APPRECIEE)

Animée par Céline Kapral et Nathalie Peretti, la formation « Les Ressources de l’accompagnant » s’est déroulée les 15 et 16 septembre 2022 dans le Pays d’Aix en Provence.

Une journée de beau temps nous a permis de travailler en extérieur et de prendre notre déjeuner en plein air.

Des repas délicieux, très appréciés et très conviviaux.

…….Cette formation s’adressait aux professionnels en contact avec le public : médiateurs, coachs, travailleurs sociaux, avocats, etc… avec pour objectifs d’identifier les ressources déjà acquises, bien que parfois un peu perdues de vue, d’acquérir de nouvelles ressources au fil des apports des intervenantes, des exercices proposés et des partages entre participants et de pérenniser tout cela. Une occasion pour chacune et chacun de réfléchir à sa posture professionnelle, de l’adapter et de l’équilibrer.

Et pour murir leur réflexion, les participants étaient invités à matérialiser leur trajectoire, émotions, aspirations… sur une grande feuille de bristol, en donnant libre cours à leur créativité. Une initiative appréciée.

LIAISONS ET DELIAISONS DE L’ATTACHEMENT

août 10th, 2022 | Posted by Julien in Actualités - (Commentaires fermés sur LIAISONS ET DELIAISONS DE L’ATTACHEMENT)

Quand le lien se tisse et se déchire

Lundi 21, mardi 22 et mercredi 23 novembre 2022 à Puyricard

La théorie de l’attachement est dorénavant prise en considération grâce aux neurosciences et particulièrement au travail d’Antonio Damasio, psychiatre et psychanalyste. Les travaux de recherche internationale convergent clairement sur l’importance des premiers liens d’attachement qui vont avoir une influence importante sur l’enfant et sur la manière dont il interprétera son environnement.

Différents types de liens structurent notre histoire et opèrent à notre insu, et en particulier l’attachement qui permet la création du sentiment de sécurité interne et l’appartenance, processus psychologique qui nous fait sentir membre d’un groupe ou d’une communauté.

Cette formation se propose d’étudier ce qui construit l’impossibilité de vivre ensemble aussi bien que de se séparer dans une perspective de prévention, ou dans le cadre d’un suivi.

Public : médiateur.e.s familiaux, médiateur.e.s généralistes, avocat.e.s, juges, travailleur.e.s sociaux,
psychologues et thérapeutes.

Intervenante :
Hélène BONIS-MONTOYAT, psychanalyste, formée en analyse des rêves et en médiation systémique et transformative. Elle est consultante et médiatrice auprès d’institutions, d’entreprises et d’associations. Elle intervient dans le DU Médiation et conflit de l’Université de Chambéry et supervise des équipes.

MEDIATION FAMILIALE ET VIOLENCES CONJUGALES

janvier 22nd, 2022 | Posted by Julien in Actualités - (Commentaires fermés sur MEDIATION FAMILIALE ET VIOLENCES CONJUGALES)

7, 8 et 9 décembre 2022

Les personnes en situation de crise familiale, prises dans un climat plus ou moins conflictuel, rapportent fréquemment les violences qui leur sont faites. Comment le médiateur familial peut-il travailler dans ce contexte ?

Public : médiateurs familiaux en exercice ou en formation

Descriptif : la violence conjugale est de plus en plus dénoncée et les institutions s’engagent véritablement dans un dispositif de lutte contre les violences faites aux femmes. Le phénomène de la violence dans le couple est davantage pris en compte et les allégations d’emprise augmentent. Le cadre législatif évolue et s’enrichit de nouvelles préconisations. Face à cette situation, les médiatrices et médiateurs on besoin d’outils de repérage, de compréhension et d’évaluation des problématiques de violence qui se présentent en médiation familiale. Le médiateur familial est amené à interroger sa pratique, sa posture et son indépendance ; c’est une nécessité.

A l’issue de la formation le.la stagiaire sera capable de :
• Déterminer la pertinence, la faisabilité et les conditions de la mise en œuvre de la médiation,
• Repérer et identifier la violence conjugale structurelle,
• Maitriser des repères et outils de compréhension des mécanismes de la violence dans le couple et ses incidences en médiation.
• Adapter sa pratique de la médiation familiale avec les couples qui ont connu la violence conjugale.
• Questionner ses réactions de professionnel face à la violence
• Savoir accueillir une situation de violence dans le couple, savoir orienter si nécessaire.

Lieu : Puyricard, Pays d’Aix-en-Provence

Intervenantes : Muriel GEOFFRAY et Catherine HAYE, médiatrices familiales DE, intervenantes dans un Lieu « Écoute Violence » et formatrices.

APPROFONDIR SON STYLE DE MEDIATEUR

janvier 20th, 2022 | Posted by Julien in Actualités - (Commentaires fermés sur APPROFONDIR SON STYLE DE MEDIATEUR)

Une conférence donnée par Marianne Souquet au CEMA, à Paris, le 5 novembre 2020

Ecouter le replay sur YouTube        Clic –>  L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est YouTube.png.
Voir le replay sur le site du CEMA et accéder au PowerPoint     Clic –> L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est CEMA_logo.png.

ATTEINDRE L’HUMANITE DANS LES PERIODES SOMBRES

janvier 18th, 2022 | Posted by Julien in Actualités - (Commentaires fermés sur ATTEINDRE L’HUMANITE DANS LES PERIODES SOMBRES)

Article de Tatyana Bilyk, pionnière de la médiation familiale en Ukraine

Tatyana Bilyk
Lisa Parkinson

Introduction de Lisa Parkinson, pionnière de la médiation familiale en Angleterre et membre associée honoraire de l’Association ukrainienne des médiateurs familiaux.

Bien avant l’invasion russe de l’Ukraine, Tatyana Bilyk était bien connue comme la pionnière de la médiation familiale en Ukraine, accréditée il y a plus de 13 ans par le CEDR au Royaume-Uni et engagée à résoudre les conflits familiaux et à aider les familles en temps de crise. Avant l’invasion, Tanya formait et supervisait des médiateurs au Centre de médiation ukrainien, spécialisé dans la médiation inclusive pour les enfants et dans la médiation transfrontalière accréditée par Mikk, l’association allemande des médiateurs familiaux. Il y a quatre ans, elle a fondé l’Association ukrainienne des médiateurs familiaux, en s’appuyant sur les normes nationales et le code de pratique des médiateurs familiaux en Angleterre et au Pays de Galles. Aujourd’hui, elle fait preuve d’un courage et d’une humanité exceptionnels en livrant de la nourriture et des fournitures médicales aux personnes malades et dans le besoin à Kiev et en proposant des consultations de crise. Les médiateurs familiaux qui travaillent avec des couples en crise personnelle et familiale savent que l’idéogramme chinois pour « crise » combine deux caractères, l’un signifiant « danger » et l’autre « opportunité ». Les enfants et les adultes piégés dans des abris souterrains en Ukraine font face à un danger aigu sans issue ni opportunité. Nous ne pouvons pas rester les spectateurs impuissants. Nous devons saisir cette occasion sans précédent de nous unir pour soutenir l’Ukraine, envoyer de l’aide humanitaire au peuple ukrainien et l’accueillir chez nous.

Les lecteurs du récit déchirant de Tanya sur sa vie dans cette terrible guerre et sur l’aide apportée à d’autres pour y survivre ne peuvent manquer d’être émus par son esprit. Vous pouvez envoyer vos dons au Disasters Emergency Committee Ukraine Humanitarian Appeal  https://donation.dec.org.uk/ukraine-humanitarian-appeal/

Kiev, Ukraine 14 mars 2022

Aujourd’hui, alors que je suis en train d’écrire ces lignes, la bataille pour Kiev se poursuit. Un immeuble a été bombardé la nuit dernière, des personnes ont été évacuées durant toute la matinée. Cet immeuble est situé tout près de chez moi. Mes parents ainsi que mon frère et sa famille ont quitté leur maison cette nuit car leur village avait déjà été capturé par les troupes russes et des opérations militaires étaient en cours. Ma famille, mes enfants et moi-même avons pris la décision de rester à Kiev pour nous soutenir les uns les autres et traverser cette crise ensemble. Depuis ce moment, j’ai reçu et continue de recevoir de nombreux messages de la part de membres de ma famille et d’amis très inquiets. Ils disent que je dois quitter Kiev instamment. C’est dans cette situation difficile que je suis entrain d’écrire ce message pour la page Facebook ouverte par ma collègue belge. Son initiative de créer une page sur les évènements qui se déroulent dans notre pays est un geste d’humanité qui n’est pas à la portée de tous. Il n’est pas suffisant d’être né avec deux bras et deux jambes pour être un humain ; on a besoin de faire beaucoup d’efforts pour en devenir un.

Je suis reconnaissante d’avoir l’opportunité de partager mon point de vue de médiateur professionnel sur ce qui se passe en Ukraine, ainsi que d’évoquer comment la guerre affecte ma vie et celles d’autres médiateurs, et aussi comment ça a modifié l’image que j’ai de moi en tant que médiateur.

Aujourd’hui, 19ème jour de la guerre, tout le monde a changé ; ceux qui ont quitté le pays et ceux qui sont restés ne seront plus jamais les mêmes qu’avant la guerre, et il est important de l’accepter. Nous faisons face à un abîme, au brouillard, à l’incertitude ; personne ne sait comment ça va se terminer, pour chacun de nous individuellement et pour tout notre pays. Mais rien que d’accepter la réalité telle quelle peut nous donner un sens de certitude qui est très important.

Un nombre énorme de personnes (à ce jour deux millions sept cent mille) ont quitté le pays. La guerre a privé de nombreuses personnes de leur maison, de leur carrière, de leur travail, et des centaines de milliers de professionnels dans le monde entier doivent faire face à recommencer leur vie depuis le début, et ont besoin d’argent ; nombre d’entre eux ne connaissent pas la langue du pays dans lequel ils se trouvent. C’est le cas de médiateurs qui ont déjà quitté le pays ou ont été évacués de lieux où se déroulent les hostilités. Et tous les jours, le nombre de médiateurs qui ont quitté leur maison augmente, alors que les bombardements résonnent dans la plupart des régions d’Ukraine.

Je fais partie de ceux qui, jusqu’au dernier moment, n’ont pas cru que l’invasion des troupes russes en Ukraine était possible. C’est tellement difficile d’entendre la propagande russe sur le fait qu’ils viennent nous sauver, alors que dans le même temps nous sommes tués dans nos propres maisons. Des enterrements de masse de civils ont déjà commencé dans les jardins de ceux qui y habitaient. Les troupes russes bombardent des hôpitaux, des écoles, des églises, des maisons de civils. C’est insupportable à voir et il n’y a pas de mots pour justifier ce qui arrive.

En ce moment, je travaille bénévolement : tous les jours je fais des consultations pour toute personne en détresse psychologique, je distribue de la nourriture et des médicaments à ceux qui ne peuvent pas quitter leur maison ou qui ont besoin d’aide. En ce moment il y a de nombreuses consultations avec des femmes qui ont dû partir pour protéger leurs enfants de l’horreur de la guerre, avec des personnes qui sont restées dans le pays et ont des crises de panique, qui vivent l’horreur et la dépression dû à la tension incessante, en se cachant dans des sous-sols et des abris atomiques.

Il y a aussi ceux qui sont tourmentés, pris entre le désir de sauver leur vie et celle de leur famille et le devoir de rester avec ceux qui ne peuvent pas partir, pour soutenir le pays et l’armée. Dans le travail auprès de ces personnes, je n’ai pas le pouvoir de les aider à prendre une décision, dans un sens ou dans l’autre, s’ils ne le souhaitent pas eux-mêmes, mais je suis convaincue que les ressources de la psyché sont énormes et que notre capacité à survivre et vivre ce qu’il y a de plus terrible est tout simplement colossale. Quelque chose de tout simplement inimaginable est en train de se produire en ce moment et c’est impossible de le regarder sans larmes. Ce ne sont même plus des pleurs, car les pleurs sont déjà loin ; c’est juste regarder et ne rien ressentir. Et puis les gens hurlent, pleurent, s’expriment tout au long des consultations, sinon les personnes sont déchirées de l’intérieur par des sentiments profonds qui s’accumulent.

Étant à l’intérieur de la situation, tout comme mes clients, je vis toutes les étapes de deuil, du déni à l’acceptation de la réalité, remplie de forts sentiments de peur, de douleur, de colère, de dégoût, de dépression, qui me permettent de rester en contact avec les clients, montrant de l’empathie et de l’intérêt pour ceux qui demandent de l’aide. Quand je réalise que je contiens trop mes émotions, je me tourne vers ceux qui me sont chers et qui comptent pour moi, pour obtenir de l’aide et du soutien, me reposer ou même couper le contact un moment pour pouvoir vivre mes sentiments profonds. Ce qui serait anormal en d’autres temps, devient tout à fait normal dans cette réalité anormale qui est la nôtre. Dans les moments les plus difficiles, je veux vraiment disparaître et rompre tous les contacts, ne me souciant que de moi. Cependant, l’empathie et la sympathie pour les autres sont une grande valeur qui remplit et n’épuise pas du tout une personne. La vie dans une crise devrait avoir un sens, alors la psyché a une réponse sur la façon de vivre quand c’est insupportablement douloureux et dur.

En menant des consultations psychologiques, j’observe certains changements dans les relations familiales, et là où il y a une compréhension mutuelle et des valeurs communes, cela renforce les relations et la famille, et là où les partenaires essaient de faire face seuls aux conflits intra-personnels, ils s’éloignent l’un de l’autre, exacerbant les sentiments de guerre. Quand je pense à ceux qui ont quitté le pays, je suppose que tout le monde ne voudra pas retourner là où leurs maisons sont brisées et où les relations familiales sont détruites. En tant que médiatrice familiale travaillant sur des situations transfrontalières, cette situation peut ajouter du travail, sachant que ce seront encore les enfants qui souffriront à nouveau le plus.

En traversant cette crise de l’intérieur, moi-même et d’autres médiateurs familiaux avons l’occasion de comprendre de nouvelles significations de ce qui se passe dans les relations familiales et de créer de nouveaux outils pour travailler avec ces types de conflits. Ce que nous vivons maintenant peut nous donner la force et la capacité de rester en contact et d’être présentes même là où auparavant il aurait été insupportable non seulement de travailler, mais même d’être présents.

Personnellement, une de mes limites dans le travail de médiateur familial était la présence d’une quantité énorme de haine d’une partie au conflit pour l’autre, il m’était extrêmement difficile de maintenir une position neutre dans de tels cas et d’être efficace dans le processus de médiation. La quantité d’agression et de haine que l’on entend maintenant de la part de presque tous les habitants de notre pays est due à la quantité incroyable de peur, d’anxiété et d’impuissance à laquelle nous sommes tous confrontés dans cette guerre. Et cette colère nous aide à nous défendre contre l’invasion des occupants et à sauver notre territoire. En même temps, lorsque nous nous défendons contre des monstres, il est important de ne pas nous transformer en ces monstres, qui détruiront alors tout ce qui nous entoure, y compris nos valeurs et notre liberté, pour lesquelles nous nous battons maintenant tous ensemble. Et c’est l’une des tâches les plus importantes auxquelles sont confrontés les médiateurs de notre pays : comment après avoir traversé toutes ces souffrances, ne pas sombrer dans le désespoir et comment transformer la guerre qui entre en nous en paix qui sort de nous ? Nous avons maintenant une occasion unique d’apprendre à vivre dans l’anxiété afin de pouvoir ensuite agir en tant qu’artisans de la paix.

Maintenant, nous sommes tous au bord de l’abîme, et nous sommes tous confrontés à nos propres limites lorsque nous traversons cette crise, mais ce n’est qu’en la traversant par nous-mêmes et en préservant notre humanité que nous avons la possibilité de devenir utiles à ceux qui auront besoin de l’aide de médiateurs après la guerre. C’est un processus dans lequel quelque chose d’incommensurable nous pénètre, passe par des sentiments insupportables et en ressort déjà immense. Mais l’humanité demeure. Il s’agit en quelque sorte d’une autre personne, qui est cependant suffisamment entière pour être utile à d’autres.

La guerre est une invasion dans nos vies, dont nous voulons par réflexe nous défendre, mais seule l’humanité des gens qui nous entourent donne l’espoir d’un miracle.

« Dans les temps sombres, vous pouvez clairement voir les étoiles ! » Dans nos moments sombres de la guerre, nous pouvons clairement voir qui est à côté de nous et pourquoi, ce qui est précieux pour nous et avec qui nous pouvons partager notre vie. Beaucoup de mes collègues médiateurs de différents pays, ceux qui sont en contact avec moi au quotidien, soutiennent émotionnellement et financièrement mes activités bénévoles, se sont éclairés pour moi dans le rôle de telles étoiles. Tant d’humanité autour de moi me permet de traverser cette crise, parfois complètement horrible et meurtrière, de garder le courage de suivre mon cœur, en faisant preuve de paix et de bonté.

Cet article est dédié à ma famille, mes amis et mes collègues.

Tatyana Bilyk, médiatrice

tél. : +38 (050) 446 30 20 (Viber, WhatsApp, Télégramme)

email: tatyana.bilyk@gmail.com

https://www.facebook.com/HelpingthepeopleofKIEV

Traduit par Linda Bérubé et Marianne Souquet, médiatrices familiales

ME SAUVER EN SAUVANT LES AUTRES

janvier 15th, 2022 | Posted by Julien in Actualités - (Commentaires fermés sur ME SAUVER EN SAUVANT LES AUTRES)

Un nouvel article de Tatyana Bilyk, pionnière de la médiation familiale en Ukraine

J’écris sur moi et sur ce qui se passe autour de moi afin que ceux qui s’intéressent à la façon dont nous vivons en ce moment puissent le découvrir. Du fait que mon dernier article a été traduit dans différentes langues et publié dans différentes maisons d’édition des groupements de médiation, des collègues de différents pays m’ont envoyé des SMS et m’ont demandé comment ils pouvaient nous soutenir dans cette lutte contre les occupants.

Récemment, j’ai remarqué un phénomène de ma psyché : lorsque je suis submergée par un sentiment d’impuissance et que je ne peux plus supporter la situation, les messages téléphoniques des personnes dans le besoin et qui vivent des conditions encore pires que les miennes, me donnent la force de continuer à agir.

« … Pourriez-vous mener une consultation avec une jeune mère qui veut se suicider ? »;

« … Le père qui se retrouve avec un enfant de deux ans qui a un urgent besoin d’aide : couches, nourriture pour bébé, vêtements »;

« … S’il vous plaît, aidez-moi avec de la nourriture et des médicaments, je n’ai pas de travail, je vis avec ma mère handicapée »;

« … Il faut scotcher les fenêtres de la maison des personnes âgées : un homme alité, 82 ans, avec sa femme, 69 ans, qui ne peut sortir de chez lui »;

« … S’il vous plaît, aidez-nous à évacuer les familles avec de jeunes enfants de la zone de guerre, elles ont besoin d’argent »;

« … Nous ne pouvons pas faire face à la situation, nous avons besoin d’un véhicule pour évacuer les blessés »;

« … Aidez ma mère, elle est en état de choc après l’évacuation de Marioupol, nous nous sommes échappés de justesse, mais il y a du chagrin dans notre famille »;

et chaque jour ces messages sont de pire en pire…

Cela peut sembler paradoxal, mais l’état de bien-être revient quand je commence à travailler. Rencontrer la réalité, la regarder honnêtement, demande une certaine dose de bon sens et de courage. Il est impossible d’accepter la guerre, et chaque fois qu’une explosion gronde, des larmes coulent de mes yeux, je souffre à l’idée que la maison de quelqu’un est maintenant détruite comme la maison de mes parents et que quelqu’un est mort comme certains amis et parents de mes collègues. Et puis je ressens l’angoisse d’attendre des informations sur les morts et des photos des champs d’explosion avec des immeubles résidentiels détruits.

Aujourd’hui, j’ai lu les nouvelles dans « Ukraine Today »: « Quatre villages de la région de Kiev sont au bord de la catastrophe humanitaire en raison des bombardements constants des troupes russes ». Mes parents vivaient dans l’un de ces villages, et nous avons réussi à les faire sortir, ainsi que la famille de mon frère, alors que les occupants étaient déjà dans leur région. Dieu seul sait s’ils pourront rentrer chez eux et si la guerre anéantira toute vie dans ce village.

Avec toute cette horreur, néanmoins, ma psyché commence à s’adapter, et je remarque que mes réactions commencent lentement à changer. Au lieu de la stupeur primaire, sous le poids de cette réalité, des ressources apparaissent pour résister au stress et il devient possible de soutenir ceux dont la réalité est encore plus dure que la mienne. La psyché essaie d’accueillir de nouvelles connaissances sur le monde et sur les gens, mais parfois une surcharge se produit et les fusibles sont obligés d’entrer en fonction. Il faut encore du temps pour que mes anciennes stratégies d’adaptation s’adaptent à la nouvelle réalité et je découvre de plus en plus en moi des mécanismes de défense qui étaient auparavant inaccessibles à ma conscience et j’essaie d’aborder cela plus consciemment, me donnant ainsi un soutien à moi-même. L’une des façons de me donner du soutien aujourd’hui dans ces conditions de guerre est la formule mobilisation-relaxation, qui fonctionne comme inspirer et expirer. Pour avoir quelque chose à donner aux autres, il faut apprendre à recevoir, c’est-à-dire à faire quelque chose pour soi-même, au moins les choses les plus simples (manger des plats chauds, dormir sous une couverture bien chaude, serrer l’être aimé dans ses bras), ce sont ces moments de paix qui m’aident à survivre et à continuer à vivre, à ne pas devenir une créature pétrifiée, mais à en rester en en contact avec mes propres sentiments.

Avant la guerre, je gérais un projet de médiation familiale en coopération avec les services sociaux et des centres pour la famille de Kiev. De plus, la Ligue des Médiateurs d’Ukraine réside au centre des anciens combattants qui a soutenu les anciens combattants de l’opération anti-terroriste de l’est de l’Ukraine depuis 2014. Plus de 50 médiateurs familiaux travaillent pour notre organisation, en procurant un service gratuit à toutes les familles dans le besoin.  Quand nous travaillions avec ces familles d’anciens combattants qui avaient participé à la guerre du Dombass et qui traversaient une crise familiale, il était difficile de vraiment comprendre leur expérience associée à leur participation aux hostilités. Maintenant que cette expérience est aussi la nôtre, nous comprenons mieux les émotions et le niveau de stress dans lequel les personnes se trouvent quand il y a la guerre. Les conflits familiaux deviennent encore plus insupportables et aigus, alors que chacun attend du soutien. Dans ces situations de crise familiale, le monde s’effondre, non seulement à l’extérieur, mais également à l’intérieur, car dans l’échelle du stress, le divorce vient en second après la mort d’un être aimé. L’évocation de cette question en médiation familiale apporte trop de douleur et de désespoir chez les personnes. C’est une sensation d’être déchiré en mille morceaux, un sentiment de vide et de solitude, comme si quelqu’un était décédé, soit vous-mêmes, soit l’être cher, soit le monde entier, comme si rien ne restait. C’est ce à quoi nous allons faire face dans notre travail de plus en plus dans le futur proche.

En ce moment je travaille bénévolement et, comme nombre de mes collègues, je fais ce dont il y a le plus besoin dans la réalité actuelle, mais j’espère que les psychologues disent vrai quand ils affirment que les compétences professionnelles sont les dernières à s’effondrer, même en cas de psychose ou de démence; alors je pourrai reprendre mon travail de médiatrice familiale dès que ce sera nécessaire pour les familles ukrainiennes.

Nous restons également en contact les uns avec les autres, médiateurs familiaux, ainsi qu’avec l’Association de Médiation familiale d’Ukraine, dont je suis l’une des fondatrices.

Nous recueillons des informations sur tous nos membres pour comprendre qui est où, qui est resté en Ukraine, qui est parti ailleurs, qui a besoin d’aide, qui est prêt à aider les bénévoles et comment. En ce moment tout le monde est privé de travail et de moyens de subsistance, et de nombreux médiateurs avec enfants sont obligés de vivre dans d’autres maisons, dans d’autres villes, dans d’autres pays et de reconstruire leur vie à partir de rien. Physiquement ils sont en sécurité, mais psychologiquement nombre d’entre eux sont en grande difficulté.

À cause de l’information en temps de guerre, nous manquons d’information sur ce qu’il se passe réellement dans notre pays en ce moment : le nombre réel de morts, la situation politique réelle, ce qu’il arrivera demain, quand la guerre prendra fin; nous ne savons rien. Ceux qui sont restés en Ukraine vivent ici où l’on entend des explosions tous les jours, et nous voyons les cadavres allongés près des maisons bombardées; c’est notre réalité. Quand notre cerveau imagine la crise humanitaire à Kiev, nous trouvons des idées sur comment nous protéger et protéger les autres de toutes ces conséquences; et j’espère vraiment que nous continuerons à être en capacité de nous procurer de la nourriture et des médicaments pour ceux qui en ont besoin, et d’aider autant que possible ceux qui n’ont pas pu quitter la ville pour des raisons variées.

De nombreux pays nous soutiennent dans le combat contre l’agression russe, en rassemblant de l’aide humanitaire et en envoyant des biens essentiels et des médicaments aux civils; ils accueillent également des réfugiés dans leurs maisons. Nous voyons un grand nombre de très bonnes initiatives dans le monde entier, et mes collègues et amis de différents pays nous soutiennent émotionnellement et financièrement. Grâce à votre soutien nous pouvons aider nos concitoyens, et grâce à vous, je peux me sauver en sauvant les autres.

Tatyana Bilyk, médiatrice, formatrice et consultante, Présidente du bureau de ITC « Mediation School », co-fondatrice de l’association « League of Mediators of Ukraine » et de « Association of Family Mediators of Ukraine », contact du Service Social International en Ukraine, psychologue, psychothérapeute.

Contact

Tél.: +38 (050) 446 3020 (Viber, WhatsApp, Telegram)

Email: Tatyana.bilyk@gmail.com

Traduction : Marianne Souquet (France) et Linda Bérubé (Québec)

FORMATIONS 2022

décembre 3rd, 2021 | Posted by Julien in Actualités - (Commentaires fermés sur FORMATIONS 2022)

Programme des formations 2022, vous pouvez consulter le catalogue et télécharger la fiche d’inscriptions